vendredi 18 septembre 2009

UE 2: EC "La chaîne du livre"

Lionel Ruffel
La chaîne du livre : enjeux contemporains de l’édition

1er semestre : vendredi 12h – 15h

La chaîne du livre est cet ensemble complexe de processus, d’actions, d’acteurs qui parvient à transformer un texte en livre et à le proposer à un lecteur. Elle n’est pas intemporelle. Celle que nous connaissons est le produit d’une histoire qui a inventé la conception moderne de l’auteur, du droit, de la propriété. Tout à fait matérielle et matérialisée, elle est d’abord le produit d’une philosophie et d’une conception de la littérature. Après avoir rappelé cette histoire, ce cours s’arrêtera sur les transformations contemporaines de l’édition, de la publication et de la circulation des textes. Il alternera perspectives théoriques et études de cas. Un dossier de textes sera donné aux étudiants lors du premier cours.




UE 3: EC "Littérature contemporaine"

Lionel Ruffel

1er semestre : jeudi 12h – 15h

Biographisme contemporain : Guyotat, Bolaño

Bien des auteurs contemporains (Kiš, Michon, Sebald), dont les œuvres sont unanimement célébrées, pratiquent, directement ou indirectement, et généralement en en subvertissant les codes, un genre déjà ancien : la biographie, le récit de vie. Ce cours s’intéressera à cette curieuse résurgence du « biographisme » et tentera d’en montrer le caractère inédit, la singularité d’époque, en s’appuyant notamment sur deux livres très différents (tant dans leur projet que dans leur écriture) mais tous deux  exemplaires de ce renouvellement et de ce détournement génériques : Coma du français Pierre Guyotat, et La Littérature nazie en Amérique du chilien Roberto Bolaño.

Textes d’étude (lecture obligatoire)
Bolaño Roberto, La Littérature nazie en Amérique, traduit de l’espagnol (Chili) par Roberto Amutio, Paris, Christian Bourgois, « Titres », 2003 [1996]
Guyotat Pierre, Coma, Paris, Folio, 2007 [2006]

UE 3: EC "Littérature étrangère"

UE 2: EC "L'édition de textes"

Camille Bloomfield
Du texte au livre : empreintes éditoriales

2e semestre : lundi 12h-15h

Dans le processus complexe de transmission des œuvres, là où s’articulent et se rencontrent les pratiques de l’auteur et du lecteur, le geste éditorial a une importance dont souvent, nous n’avons plus conscience, habitués que nous sommes aux usages de notre siècle. Pourtant, ces pratiques révèlent beaucoup sur la façon dont une société conçoit la notion d’auteur, et diffèrent selon les époques et les traditions littéraires – du Moyen-Âge où les auteurs et les traducteurs étaient souvent anonymes, jusqu’à l’ère des nouveaux médias, où l’auto-publication en ligne attire de plus en plus les écrivains. Or l’éditeur, parce qu’il est porteur d’une vision critique de la littérature, imprime sur le texte un ensemble de marques (titre, collection, mise en page, apparat critique, couverture), à destination d’un public précis, qui à la fois transforment le manuscrit en l’objet-livre, et influencent la réception de façon déterminante (cf. rôle des préfaces). Tout en parcourant les différentes questions théoriques que pose l’acte éditorial, les étudiants seront amenés à participer au cours sous forme d’ateliers pratiques (rédaction d’une préface, comparaison de plusieurs éditions d’un même texte, présentation d’une édition au format original, etc.), qui seront complétés, dans la mesure du possible, par les interventions de professionnels de l’édition (éditeurs, écrivains, critiques).

Bibliographie provisoire:
La Bible (différentes éditions)
HUGO Victor, Préface de Cromwell.
KUNDERA Milan, Les testaments trahis, Gallimard, 1993.
MONTAIGNE, Essais (différentes éditions)
NABOKOV Vladimir, Feu pâle, Ed. L'imaginaire Gallimard, 1991.
NYSSEN Hubert, Du texte au livre, les avatars du sens, Armand Colin, 2005.
PEREC Georges, Le Cahier des charges de La Vie Mode d’emploi, Zulma, 1995.
QUENEAU Raymond, Préface aux Oeuvres complètes de Sally Mara, Gallimard, 1979.
QUIGNARD Pascal, Une gêne technique à l’égard des fragments, Galilée, 2005.


Claire Paulian
Littérature et philologie

2ème semestre, vendredi 9h00-12h00

Chacun des trois textes retenus (une nouvelle de P.Mérimée, un roman d' E. Chevillard et un court recueil de G. Pérec) intègre explicitement des questions d'annotations, d'édition et de commentaires de texte. Mais les effets sont différents : fantastiques chez Mérimée, ouvertement parodiques chez Chevillard et Perec. Ils nous permettent ainsi de mesurer quel parti des oeuvres littéraires peuvent tirer de questions qu'on présente en général comme annexes aux oeuvres elle-memes.
Lokis, dans Carmen et treize autres nouvelles, Prosper Mérimée, Folio-Gallimard
L'oeuvre posthume de Thomas Pilaster, Eric Chevillard, Minuit, 1999
Cantatrix sopranica L. et autres écrits scientifiques, Georges Perec, Seuil, Points Essais, 1991

UE 3: EC "Introduction à la littérature comparée"

Camille Bloomfield
1er semestre : lundi 12h-15h

Espaces et formes du sonnet

Inventé au XIIIe siècle par le poète italien Giacomo da Lentini, le sonnet est devenu une forme canonique, non seulement pour la poésie française, mais aussi, entre autres, pour les poésies italienne et anglaise. En perpétuelle évolution, modulée à chaque occasion selon les traditions poétiques et linguistiques, elle fut pratiquée constamment par les plus grands : les poètes dits « classiques » (Pétrarque, Shakespeare, Ronsard) comme les « modernes » (Mallarmé, Rimbaud), et même les contemporains (Jacques Roubaud, l’Oulipo), qui n’hésitent pas à l’extraire de son carcan originel. Étudier le sonnet dans ses différents espaces d’application permettra d’aborder quelques questions plus générales : une forme, si célèbre soit-elle, peut-elle suffire à garantir la poéticité d’un texte, voire sa littérarité ? Comment se font les échanges entre les différents champs littéraires ? Le sonnet peut-il être considéré comme une forme « européenne », en existe-t-il d’autres ?

Seront étudiés des textes de Pétrarque, Shakespeare, John Donne, Ronsard, Goethe, Mallarmé, Andrea Zanzotto, Aragon, l’Oulipo.


Vincent Message
1er semestre : mardi 12h – 15h

La révolution moderniste : Joyce – Proust – Faulkner

Le modernisme, qui connaît son apogée dans les années 1910 à 1930, représente un véritable tournant pour l’art romanesque. Marquée par la théorie de la relativité d’Einstein et par les découvertes freudiennes de l’inconscient, la littérature moderniste rompt avec la linéarité des romans du XIXe siècle et bouleverse les modes de représentation du réel. Joyce, Proust et Faulkner placent la conscience subjective au cœur de la narration. Retraçant les sensations et les pensées de leurs personnages, ils montrent combien le moi est une réalité complexe, faite de doutes et d’ambiguïtés, soumise au passage du temps, travaillée par le double jeu de la mémoire et de l’oubli. Les nouvelles techniques que ces romanciers inventent au cours de ces années décisives, comme le flux de conscience ou le récit à points de vues multiples, ont eu une influence considérable sur l’évolution du genre. En étudiant Le bruit et la fureur, le monologue de Molly Bloom qui clôt Ulysse ou les déchirements du narrateur proustien confronté à la fuite d’Albertine, on verra que ces textes expérimentaux ouvrent la voie de la modernité littéraire car ils supposent une forme de lecture différente, où le lecteur participe de façon plus active à la production du sens.

Bibliographie provisoire
- William Faulkner, Le bruit et la fureur, trad. Maurice-Edgar Coindreau, Folio, Gallimard 1972
- William Faulkner, Tandis que j’agonise, trad. Maurice Edgar Coindreau, Folio, Gallimard 1973
- James Joyce, Ulysse, Folio, nouvelle traduction sous la direction de Jacques Aubert, Gallimard 2004
- Marcel Proust, Albertine disparue, Folio classique, Gallimard 1990

Études critiques
- Peter Childs : Modernism, Londres, Routledge, 2000
- Jean-Louis Chrétien : Conscience et roman, I ; La conscience au grand jour, Minuit, 2009.
- Dorrit Cohn, La Transparence intérieure. Modes de représentation de la vie intérieure dans le roman, Seuil, 1981
- Anne Herschberg-Pierrot, Stylistique de la prose, Belin, 2003
- Michel Raimond, Le roman, Armand Colin, 2002, voir en particulier Chapitre 11. Le point de vue (127-140) et Chapitre 14. Les personnages (171-178)

UE 1: EC Langues vivantes et/ou anciennes

UE 1: EC Le traducteur littéraire

Tiphaine Samoyault
2ème semestre : jeudi 12h – 15h

Le traducteur littéraire
 
Conçue pour la mineure de licence « Traduire, éditer, comparer », cette EC est également ouverte à tous les étudiants qui s’intéressent aux questions de traduction, de transmission, de circulation des textes. Elle aura un versant critique, où nous examinerons les discours des traducteurs littéraires sur leur pratique (mémoires de traducteurs, postfaces ou préfaces à des traductions) et où nous comparerons plusieurs traductions d’un même texte. Elle aura aussi un versant pratique où nous parlerons du métier de traducteur littéraire. Des interventions de traducteurs auront lieu au cours du semestre.

Bibliographie critique :

Berman, Antoine, Pour une critique des traductions : John Donne, Gallimard, 1995.
Bonnefoy, Yves, L’Improbable et autres essais, Gallimard, 1980.
Contamine, Geneviève (sous la dir de), Traduction et traducteurs au Moyen Âge, Actes du colloque international du CNRS, Paris, Éditions du CNRS, 1989.
D’Hulst, Lieven, Cent ans de théorie française de la traduction – De Batteux à Littré (1748-1847), Presses universitaires de Lille, 1990.
Goldschmidt, Georges-Arthur, La Matière de l’écriture, Circé, 1997.
Oseki-Dépré, Inês, Théories et pratiques de la traduction littéraire, Armand Colin, 1999.
Pym, Anthony, Pour Une éthique du traducteur, Artois Presses Université/ Presses de l’Université d’Ottawa, 1997.